Campagne du coquelicot

La campagne du coquelicot

Gestion

Les dons effectués au Fonds du Coquelicot de la Légion ne sont jamais utilisés pour soutenir les opérations de la Légion; en fait, ils sont déposés dans des fonds en fidéicommis pour être utilisés à venir en aide aux vétérans et à leurs personnes à charge dans le besoin, et pour honorer leurs sacrifices. C’est la générosité des canadiens qui permet à la Légion de s’assurer que nos Anciens combattants, et les personnes à leur charge, sont entourés de soins attentifs et traités avec respect. Cette campagne, destinée aux canadiens de tous âges, sert à perpétuer le Souvenir en s’assurant que la mémoire et les sacrifices des nos Anciens combattants de guerre ne soient jamais oubliés.

Historique

Chaque novembre, des coquelicots fleurissent sur les revers et cols de plus de la moitié des canadiennes et des canadiens.

Depuis 1921, le coquelicot symbolise le Souvenir, l’expression visuelle de notre engagement de ne jamais oublier tous les canadiens qui sont morts à la guerre et lors d’opérations militaires. Le coquelicot signifie aussi à l’échelle internationale un «symbole de Souvenir collectif», car d’autres pays ont aussi adopté le coquelicot pour honorer ceux qui ont fait le sacrifice ultime

La signification du coquelicot peut être tracée à une origine internationale.

On peut relier le coquelicot aux individus tués durant les grandes guerres, depuis les campagnes militaires Napoléoniennes du 19ième siècle, plus de 110 ans avant son adoption par le Canada. Des témoignages historiques font état de la densité des pousses de coquelicots qui fleurissaient sur les tombes des soldats tombés dans la région des Flandres en France. On faisait alors état du lien entre le coquelicot et les morts sur les champs de bataille, décrivant comment des champs qui étaient nus avant les batailles se couvraient de fleurs rouge-sang après la bataille.

Juste avant la Première Guerre mondiale, peu de coquelicots poussaient dans les Flandres. Durant les terribles bombardements de cette guerre les terrains crayeux devinrent riches en poussière de chaux, favorisant ainsi la venue des coquelicots (popaver rhoes). La guerre terminée, la chaux fut rapidement absorbée et les coquelicots ont commencé à disparaître de nouveau.

L’individu qui a contribué plus que tout autre à l’adoption du coquelicot comme Symbole du Souvenir au Canada et dans le Commonwealth, FUT Lieutenant- colonel John McCrae, un officier médical canadien durant la Première Guerre mondiale
Lieutenant-Colonel McCrae est né le 30 novembre 1872 à Guelph, Ontario. À l’âge de 14 ans, il s’est joint au corps de cadets Highfield et, trois ans plus tard, s’enrôla dans la batterie de campagne de la Milice. À l’école de médecine de l’Université de Toronto, il était membre du Régiment «Queen’s Own Rifles of Canada».

Lorsque la Grande-Bretagnea déclaré la guerre contre l’Allemagne, le 4 août 1914, la participation du Canada fut automatique. John McCrae était dans l’une des premières vagues de canadiens qui s’enrôlèrent pour Service, et il fut nommé chirurgien de brigade, de la 1ière Brigade de l’Artillerie des Forces canadiennes.

En avril 1915, John McCrae était en poste près de Ypres, en Belgique, une région appelé traditionnellement les Flandres. Ce fut à cet endroit, durant la 2ième Bataille de Ypres, que l’un des combats les plus féroces de la 1ière Guerre mondiale eut lieu. Travaillant dans un poste de secours sur les bancs du canal Yser, où il appliquait des pansements à des centaines de soldats blessés, à la suite d’un nombre effarant d’attaques ennemies, il observa  »à quel point nos corps sont très épuisés, mais nos esprits le sont encore davantage. L’impression générale dans mon esprit est l’une d’un vrai cauchemar ».

En mai 1915, le jour suivant le décès de son compagnon soldat, Lieutenant Alexis Helmer, d’Ottawa, John McCrae écrivait son ouvrage maintenant célèbre, une expression de son angoisse due à la perte de son ami et une réflexion de son voisinage – des coquelicots sauvages qui poussaient au milieu de simples croix en bois marquant les tombes improvisées. Ces 15 lignes, écrites dans 20 minutes, présentaient une description précise des vues et des bruits de la région où il se trouvait.

Lieutenant-colonel John McCrae quitta Ypres avec ces quelques lignes mémorables griffonnées sur un bout de papier. Ces mots étaient un poème qui débutaient comme suit: « Au champ d’honneur les coquelicots sont parsemés de lot en lot… ». Il ne se doutait certes pas que ces 15 lignes deviendraient imprégnées dans les pensées les plus profondes et les cœurs de tous les soldats qui les entendraient. Avec ces mots, le coquelicot écarlate devint rapidement le symbole des soldats morts à la guerre.

Le poème fut publié la première fois, le 8 décembre 1915, en Angleterre, dans la revue Punch.

Sous les rouges coquelicots des cimetières flamands,
Qui parmi les rangées de croix bougent dans le vent,
Nous sommes enterrés. Et dans le bleu des cieux,
Les alouettes encore lancent leur cri courageux
Que plus personne n’entend sous le bruit des canons.

Nous sommes morts : il y a à peine quelques jours,
Nous connaissions les joies de la vie, de l’amour,
La fraîcheur de l’aurore, les lueurs du ponant.
Maintenant nos corps sans vie reposent en sol flamand.

Nos mains inanimées vous tendent le flambeau :
C’est à vous, à présent, de le tenir bien haut,
De contre l’ennemi reprendre la querelle.
Si vous ne partagez des morts la foi rebelle,
Nos corps ne pourront pas dormir paisiblement
Sous les rouges coquelicots des cimetières flamands.
J.P. van Noppen
Une traduction du poème « In Flanders Fields » de Lt.-Col. John McCrae

Le poème fait référence « au champ d’honneur » mais le sujet est universel – la crainte des morts qu’ils seront à jamais oubliés, que leur mort aura été en vain. Le Souvenir tel que symbolisé par le coquelicot, est notre réponse éternelle qui dément cette crainte.

Avec tristesse, Lieutenant-colonel McCrae est décédé suite à une pneumonie, à Wimereux en France (près de Boulogne), le 28 janvier 1918 à l’âge de 45 ans.

La fleur du souvenir

Une enseignante américaine, Moina Michael, alors qu’elle travaillait dans le YMCA, Quartier-général des secrétaires, Guerres à l’Étranger, à New York, en novembre 1918, lut le poème de John McCrae,  »Au Champ d’Honneur ». Elle a immédiatement  »pris un engagement personnel de porter l’oriflamme et a fait vœu de porter toujours un coquelicot rouge des Flandres comme un signe du Souvenir et un emblème de l’oriflamme avec tous ceux qui sont morts.

Deux ans plus tard en 1920, cette coutume vint à la connaissance d’une française, Madame Guérin, en visite aux États-Unis. À son retour en France, elle décida de se servir de coquelicots faits à la main pour recueillir des fonds pour les enfants sans ressources des régions dévastées du pays. Suivant l’exemple de Madame Guérin, l’Association des Anciens combattants de la Grande Guerre (le prédécesseur de la Légion royale canadienne), adoptait officiellement le coquelicot comme sa Fleur du Souvenir, le 5 juillet 1921.

Grâce aux millions de canadiens qui portent le coquelicot de la Légion, à chaque mois de novembre, la petite fleur rouge n’a jamais été oubliée, ni le souvenir des 117,000 de leurs compatriotes morts au combat.

Un symbole d’unité

À 05h30, le matin du 9 avril 1917, la Bataille de la Crête de Vimy débuta, marquant un événement-clé de notre histoire militaire. Les troupes canadiennes ont combattu avec acharnement contre les forces ennemies, pour prendre une crête bien fortifiée, malgré la température des plus inclémentes. Cette bataille était significative; non seulement fut-elle un succès retentissant pour le Canada, mais dans les mots de Brigadier-général A.E. Ross, la bataille a marqué la  »naissance d’une nation ». Plus jamais, le Canada serait-il éclipsé par la puissance de ses alliés. Cette bataille a prouvé la capacité du Canada en tant d’être une force à craindre sur le théâtre de guerre.
La bravoure, la discipline et le sacrifice exhibés par les troupes canadiennes au cours de ces quelques jours sont maintenant légendaires. La bataille représentait une unification mémorable de nos ressources en personnel car des troupes de toutes les divisions militaires canadiennes, de toutes les régions du Canada et de tous les milieux sociaux se sont ralliées collectivement pour vaincre un ennemi puissant avec des chances de succès peu favorables. Nos troupes se sont regroupées pour triompher de l’adversité et d’une menace militaire pour le monde entier.

Maintenant, des décennies plus tard, les canadiens sont encore unis dans leur Souvenir alors qu’ils reconnaissent et honorent les actions désintéressées de nos troupes dans toutes les guerres. Nous réalisons que c’est grâce à nos Anciens combattants que nous existons en tant que nation fière et libre.

Aujourd’hui, alors que des gens de toutes les régions du Canada et de tous les milieux sociaux se joignent dans leur engagement de ne jamais oublier, ils choisissent d’arborer un coquelicot. Ils sont unis comme canadiens, pour partager une histoire commune de sacrifice et d’engagement.

Le Coquelicot de revers

Les coquelicots de revers portés au Canada aujourd’hui ont été fabriqués, la première fois, en 1922, par des Anciens combattants handicapés sous le contrôle du Ministère de la Réintégration des Soldats à la Vie civile. Jusqu’en 1996, le matériel du coquelicot était fabriqué aux ateliers Vetcraft dirigés par Anciens Combattants Canada, à Montréal et Toronto. Le travail fournissait une petite source de revenu pour les anciens militaires handicapés et les personnes à leur charge, leur permettant ainsi de prendre part activement au maintien de la tradition du Souvenir.

Lorsqu’il ne devint plus pratique pour Anciens Combattants Canada de maintenir les opérations de Vetcraft, la Légion s’est portée volontaire pour assumer la responsabilité continue de la production des coquelicots. Ce faisant, la Direction nationale a accordé un contrat de production à une société privée pour produire les coquelicots, toutes les opérations étant menées sous le contrôle et la surveillance stricts de la Légion.